Bernard Malet Debeune

1923-1944

D’après les éléments connus à ce jour voici la présentation de la vie de Bernard Malet Debeune.

Bernard, Paul, Marie est né le 8 juillet 1923 à Antony (Seine) d’une jeune mère

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célibataire de 17 ans, originaire de la Lozère. La maman reconnaît Bernard qui prend son nom, Malet. Mais elle abandonne son enfant à « L’entraide des Femmes Françaises », société de bienfaisance dont le siège est à  Paris et qui exercera donc les droits de puissance paternelle.

Il semble que la garde de Bernard ait été confiée assez tôt à Monsieur et Madame DEBEUNE-JOYE demeurant alors à Hellemmes (Nord). En effet le jugement d’adoption qui interviendra le 10 mai 1930 mentionne dans ses attendus « Depuis longtemps déjà ils ont recueilli ledit mineur qui leur a été confié par « l’Entraide des Femmes Françaises » Par ce jugement Bernard est définitivement adopté par Monsieur Gabriel DEBEUNE, employé, né à Toufflers le 12 février 1884 et son Épouse née JOYE Marie-Berthe à Flêtre le 12 avril 1881, demeurant tous deux à Hellemmes. Il portera désormais le nom de MALET-DEBEUNE.

Nous ignorons À  quelle date les Époux DEBEUNE-JOYE sont venus s’installer au n°8 de la Place Plichon à Bailleul. De même nous n’avons pu à ce jour retrouver les Écoles où Bernard a été scolarisé, ni quelles Études ou quelle formation il a suivies.

 

Le scoutisme Étant interdit pendant l’occupation allemande, beaucoup d’anciens scouts se retrouvent dans le mouvement Cœurs Vaillants, un mouvement qui avait beaucoup de points communs et dont ils Étaient souvent les animateurs. Berncoeur_vaillant_saint-vaast_bailleul_1943ard qui a alors 20 ans est un des animateurs du groupe Cœurs Vaillants de la paroisse Saint-Vaast. On le voit sur la photo de groupe de cette même année 1943, À  gauche du groupe de cinq adultes.

Pendant l’Occupation, probablement pour Échapper au S.T.O. (Service du Travail Obligatoire en Allemagne : le 16 février 1943, la loi sur le S.T.O. est appliquée et stipule que tous les jeunes gens âgés de 20 à  22 ans peuvent être envoyés en Allemagne, qu’importe leur qualification) Bernard s’engage dans la gendarmerie. Il rejoint la 2e Légion de Gendarmerie dont le siège est à Amiens et est affecté en qualité de gendarme stagiaire À  la Brigade de Saint-Quentin Nord-Est.

Le 6 août 1944, il quitte la Brigade de Saint-Quentin N.E. pour rejoindre le rassemblement des Forces Françaises de l’Intérieur de la région de Guise à Proisy (Aisne).

Le 3 septembre 1944, Étant sous-chef de groupe, il reçoit de son chef de groupe l’ordre d’attaquer un groupe d’Allemands retranchés dans un chemin creux à Chigny (Aisne). Il a trouvé la mort dans l’exécution de cette mission Rapport de la Compagnie de Gendarmerie de l’Aisne du 19 février 1946.

L’acte de décès de Bernard a été Établi par la mairie de Chigny, canton de La Capelle, arrondissement de Vervins (Aisne) : il est libellé comme suit :
« Le trois septembre mil neuf cent quarante-quatre À  dix-sept heures est décédé au Bois d’Ardon, Bernard Malet-Debeune né À  Antony (Seine) le 8 juillet 1923, stagiaire de gendarmerie domicilié 8 Place Plichon À  Bailleul, Nord. »

Le 8 octobre 1945 à St-Quentin (Aisne) Bernard est cité à l’ordre de la Division comportant attribution de la Croix de Guerre : « Gendarme brave et courageux. A participé à plusieurs parachutages et sabotages contre les voies de communication de l’ennemi. Engagé avec sa section dans un combat contre un point d’appui ennemi fortement Établi ; le 3 septembre 1944 à Chigny, a entrainé, dans un Élan magnifique, son demi-groupe à l’assaut de cette résistance. A été tué alors qu’il Était parvenu sur la position ennemie.
Saint-Quentin le 8 octobre 1945, Le Général de Division Préau, Commandant la 2e Région Militaire »

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A la fin des hostilités le corps de Bernard a été transféré au cimetière de Bailleul, dans l’ilot 17, oÀ¹ il repose avec ses parents adoptifs, Monsieur et Madame DEBEUNE-JOYE. Une photographie de son cortège funèbre, reproduite ci-dessous et prise Rue des Sœurs Noires. On aperçoit la troupe scoute en haut de la photographie.

En 1945, les Scouts de Bailleul ont choisi de porter le nom de Malet Debeune en souvenir d’un ancien chef qui a donné sa vie pour la France.

Le 13 décembre 1961, Bernard est décoré de la médaille Militaire.

Le 29 octobre 1964, le conseil municipal de Bailleul sur proposition de la commission travaux adopte le nom de « Bernard Malet Debeune » pour une nouvelle rue (située en bas de la rue du Musée.)

 

Cet article a été écrit grâce au travail réalisé durant 14 mois par le Cercle d’Histoire et d’Archéologie de Bailleul, notamment Yves-Devos, et par le long travail de Jean-Pierre Deswarte, historien qui a été scout avec Bernard Malet-Debeune, que nous remercions vivement de nous avoir autorisé à diffuser ce travail. Il nous a confié l’ensemble de ses recherches.

Les documents en possession du groupe ont été mis à disposition des historiens par Jean-Baptiste Vandenbroucke, responsable de groupe, il s’est également chargé de la réalisation de cet article en octobre 2013

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