Bernard Perrin ?

« Bernard PERRIN était l’une de ces âmes d’élite qui exercent sur tous ceux qui les approchent un rayonnement et une influence splendide »…

Bernard PERRIN était un scout. Était-ce prédestiné avec de telles initiales pour un jeune catholique, épris de justice et d’humanisme ? « Bernard PERRIN était l’une de ces âmes d’élite qui exercent sur tous ceux qui les approchent un rayonnement et une influence splendide » disait-on de lui.

Bernard Perrin est né le 21 février 1921 dans une famille Chrétienne de Lyon. Très jeune il disait « je voudrais être un saint curé d’Ars » Il était passionné, il voulait tout embrasser, tout concilier et aurait voulu être prêtre, officier, marin et aviateur. C’est pourquoi il avait décidé d’être aumônier militaire sur un bateau porte-avion.

Il commence à préparer saint Cyr en 1939 mais c’est l’année de la déclaration de la guerre et avec l’armistice il n’y a pas d’examen d’entrée à Saint Cyr. Il entre alors à la « Catho » en chimie.

Il démarra le scoutisme en créant avec ses camarades le clan Routier Albert de Mun. Et un pèlerinage Lourdes – Le Puy le convainc de prendre l’engagement d’entrer au séminaire après ses Chantiers de Jeunesse.

En 1943-44, les allemands ont de plus en plus besoins de main-d’œuvre dans leur usine en Allemagne. Ils viennent réquisitionner des jeunes français pour le « service du travail obligatoire » (STO). Bernard voit partir jour après jour beaucoup de jeunes : il veut lui aussi partir pour partager leur sort et les soutenir. Il part pour l’Allemagne et arrive à Skopau. Il travaille dans une usine fabricant du caoutchouc synthétique. Il découvre la misère et le dénuement physique et moral. Très vite, il se rapproche d’un prêtre et participe à sa messe. Il puisse à cette messe clandestine de la force pour lui-même et pour soutenir le moral des uns et des autres.

Avec des camarades, il crée un service d’entraide ou il se démène pour soulager les malheureux. Mais son influence sur les ouvriers et l’aide qu’il apporte à des évasions de prisonniers attirent l’attention de la Gestapo. En décembre 1944, il est arrête avec ses camarades de chambre et déporté vers le camp de concentration de Mauthausen-Güsen pour le motif de condamnation suivant : « dangereux par toute son activité religieuse et d’entraide ». Ce camp était l’un des plus durs et accueillait les « ennemis politiques incorrigibles ». Mais il n’y avait plus de place et c’est à pied et dans le froid qu’il est envoyé à Güsen ou l’on creuse dans le roc une usine souterraine d’aviation. Il y rencontre Georges Hugon, résistant, Ils ne se quitteront plus. Malgré les conditions de détention terribles, jusqu’au bout, il conservera son énergie souriante, sa Foi ardente et sa bonté infinie pour tous les camarades de misère qu’il s’efforçait de réconforter et de soulager dans la souffrance.

Jusqu’à ce dimanche 29 avril 1945 où, miné par le typhus, Bernard se fait porter au soleil par Georges (« Mowgli ») pour mourir face aux montagnes et à la France dans les bras de son ami en pardonnant à ses bourreaux. Comme disait sa sœur Françoise Andriot, « il est entré dans l’Éternité à 24 ans ». Ces derniers mots furent « Merci mon Dieu, au revoir Maman ».

Avec seize autres Scouts de France, il fait partie d’un groupe de cinquante et un chrétiens Français, martyrisés pour leur foi et dont le procès de béatification « collective », ouvert par le Cardinal Decroutray en 1988 suit toujours son cours…

La plupart d’entre eux étaient des requis du STO qui ont été déportés pour avoir contrevenu aux dispositions d’un décret du 3 décembre 1943 qui interdisait toute activité d’apostolat catholique au sein des requis du STO. Des scouts engagés dans des activités caritatives ou même scoutes, furent ainsi condamnés à mort pour cette raison.

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