Coin « Spi »

« Dieu nous a donné, pour y vivre, un monde plein de beautés et de merveilles et, en outre, non seulement des yeux pour les voir, mais aussi l’esprit pour les comprendre, pour peu que nous ayons le bon sens de les considérer sous ce jour. »

Prière scoute

Seigneur Jésus, apprenez-nous à être généreux,
à vous servir comme vous le méritez,
à donner sans compter,
à combattre sans souci des blessures,
à travailler sans chercher le repos,
à nous dépenser sans attendre
d’autre récompense que celle de savoir
que nous faisons votre sainte volonté.

Saint Ignace de Loyola

 

Prière d’un chef Scout

Seigneur Jésus, Apprenez-nous…

 

Une prière, chantée le soir, autour d’un feu de veillée. La journée est finie, les flammes crépitent et retiennent nos dernières pensées. La lueur des braises captive notre regard un peu engourdi. Et le chant, dans la nuit, s’élève de nos voix un peu enrouées au début, puis plus sûres à chaque parole. Une prière chantée sans cesse dans ma vie scoute, comme la respiration essentielle de mon engagement, de ma promesse scoute. Une prière récitée par cœur et avec respect. Une prière dont le sens des paroles me touche toujours plus intensément, chaque fois que je les murmure.

 

Moi, adulte, j’ai encore tout à apprendre, tout à vivre, tout à aimer. Je ne suis qu’un enfant, un enfant de Dieu. Ma vie n’est qu’étude, livres, ordinateur, films, théâtre, … un enchainement quotidien, défilant immuablement…

Mais de cela, qu’est ce que j’en tire ? Plus d’imagination ? Plus d’expérience, ou d’amusement ?

Pourtant l’enseignement de ma vie, de qui est-ce que je le reçois ? Suis-je seulement attentif aux paroles de vérité, aux guides sur ma route ? A ceux qui m’aiment et me soutiennent ?
Suis-je soucieux d’élever mon âme vers la prière ? Lorsque ça ne va pas, est-ce que je pense à prier d’avantage ? Et lorsque que je suis heureux, est-ce que je pense à rendre grâce ?

Seigneur, apprenez moi à ouvrir les yeux, à rester attentif à votre parole et à vos signes d’espérances.

 

A être généreux…

 

Moi, qu’est-ce que je donne ? Qu’est-ce que je transmets à mes jeunes ? Que fais-je des talents qui m’ont été confiés par le maitre ?
 Suis-je généreux de cœur ? Est-ce que je pense à prier l’Esprit Saint ? Est-ce que je suis attentif à l’autre ?

Seigneur, apprenez moi à être un cœur pur, un cœur bienveillant, un cœur savant pour ceux qui m’entourent.

 

A vous servir, comme vous le méritez…

 

Servir, n’est-ce pas le cœur de ma vie de chef ?

Je me rappelle de ce passage d’Évangile : « J’avais faim, et vous m’avez donné à manger ; j’avais soif, et vous m’avez donné à boire ; j’étais un étranger, et vous m’avez accueilli ; j’étais nu, et vous m’avez habillé ; j’étais malade, et vous m’avez visité ; j’étais en prison, et vous êtes venus jusqu’à moi ! » (Mt, 25, 31-46)

Seigneur, au sein de mon groupe, au sein de mon mouvement, aidez-moi à vous voir dans le cœur de chacun et à me mettre à leur service comme s’ils étaient vous. Apprenez moi la charité.

 

A donner sans compter…

 

Nous sommes poussière et redeviendrons poussière. Pourtant nous vivons dans une société ultra matérialiste, pleine de futilité, de plaisirs immédiats et rapides.

 

Alors, puisque le route est longue, et que je dois traverser des déserts arides, Seigneur, apprenez moi à ne me charger que du nécessaire, sans m’encombrer du superflu.


 

Premiers pas vers la générosité, comprendre qu’on n’a rien à perdre en donnant.

 

« Le meilleur moyen d’atteindre le bonheur est de le répandre autour de soi » nous dicte Baden Powell dans ses derniers mots.

 

Deuxième pas vers la générosité, comprendre que le don de soi est la clé de notre bonheur et de notre joie intérieure !

 

A combattre sans souci des blessures…

 

Face à l’incompréhension d’un grand nombre, être chrétien aujourd’hui est un combat. Il nous faut savoir rester en paix face à nos détracteurs, car la non-violence est irrépressible et exemplaire. Si face aux armes nous restons pacifiques, nos adversaires seront désarmés. Relisons les mots de Jean-Paul II : « Il n’y a rien de passif dans la non-violence, lorsque c’est un choix dicté par l’amour. Cela n’a rien à voir avec l’indifférence… »

Mais c’est dur de rester solide face aux insultes et aux quolibets. Ce n’est pas facile de témoigner sur un terrain hostile ! Et même au sein de nos familles, de nos groupes d’amis, de nos mouvements, la tâche est parfois délicate.

Il faut savoir être un veilleur. Il faut pouvoir montrer sa détermination et sa force de conviction dans notre écoute, notre ouverture aux dialogues et dans nos actions de paix.

 

Seigneur, apprenez moi à combattre le mal, la paresse, la démotivation, l’abandon sans faiblir.

 

A travailler sans chercher le repos…

 

Le Royaume de Dieu est parmi nous, et nous en sommes les ouvriers. Ne jamais abandonner, ne jamais baisser les bras : il nous faut œuvrer chaque jour à son avènement.

 

Seigneur,

Apprenez moi, par la prière quotidienne à vous redire chaque matin et chaque soir mon attachement à vous,


Donnez moi la force de vous dire « oui » chaque jour et de vous suivre toujours.

 

A nos dépenser sans attendre d’autre récompense, que celle de savoir que nous faisons…

 

Il n’y a rien de pire que l’homme qui agit par un intérêt dicté par l’envie. Il ne faut pas se taire, il faut être des prophètes du secret de notre joie, mais toujours savoir rester discret, ne s’attribuer aucun mérite, et repousser toute pensée d’orgueil. Il ne s’agit pas de se dénigrer, mais de ne jamais perdre de vue que nos talents nous viennent de Notre Père. « Qu’as-tu fais des talents que je t’ai donnés ? » demande le maitre à ses serviteurs, telle est la question qui nous est aussi posée. A nous d’œuvrer tous les jours, pour faire fructifier nos talents, et ne pas les enterrer comme le mauvais serviteur. (Mt, 25, 14-30)

 

Votre Sainte Volonté

 

Le soir tombait comme une musique douce et délicate, où chaque touche du grand piano noir enfoncée faisait jaillir un peu plus d’ombre.
« J’ai un ami qui était Scout dans un autre mouvement et qui est passé chez nous pour pouvoir faire du Scoutisme de proximité dans les quartiers chauds de Marseille. Lorsque ses amis ont appris qu’il était passé chez nous, ils l’ont mal pris..

– Quelle bande d’idiot… »

 

Je me rappelais la musique forte d’une soirée dansante sur les bords d’une piscine. « Et toi, tu es scoute ? » Me demandait la jeune fille. Je lui répondis. « Ah… les Scouts xxx » fit-elle avec un air moqueur  « Ce ne sont pas vraiment des scouts, hein ? Tout le monde le sait. »

 

Je me souvins de ma sœur, cheftaine dans un autre mouvement que moi, préparant son weekend, et m’expliquant ce qu’elle ferait faire à ses jeunes, je lui disais : « Vous êtes étranges. Décidément, nous, on ne ferait jamais faire ça à nos jeunes… ! » Elle riait : « C’est vous qui êtes bizarres ! »

 

Et cette nuit là, je revoyais sur nos chemises de chefs, cette croix de l’engagement, prononcé devant tout notre groupe, parents, enfants et toutes les maitrises, réunis devant l’autel. Les mains tremblantes d’émotion de mon chef de groupe me remettant cet insigne qui signifiait tant à mes yeux. Je me remémorais les mots que j’avais prononcés. Ce n’était pas des paroles dénuées de sens. C’était bien plus qu’un engagement pour mon groupe, pour mon mouvement, c’était moi, qui faisais vœux de vivre le scoutisme dans mon quotidien. C’était moi qui m’engageais à vivre la prière scout chaque jour de ma vie. Et cette prière, n’était-elle pas la même pour tous les scouts ?

 

Ma plus grande douleur de scout, c’est la division, la haine et l’incompréhension qui divisent tous ces mouvements, qui pourtant prient le même Dieu, qui pourtant portent la même croix, qui pourtant vivent les mêmes valeurs.

Une telle division, un tel mépris des uns envers les autres étaient et sont exactement l’inverse de ce pourquoi nous nous engagions. Je voulais pleurer de rage, face à notre hypocrisie. Je me sentais abattu de voir combien nous chantions à tue tête des paroles que nous n’étions pas même capable de mettre en œuvre avec nos propres frères. Dès lors, comment convaincre le monde ? Comment être missionnaire, si nous même ne sommes pas des exemples ?

 

Ô Seigneur, votre Sainte Volonté, n’était-elle pas que nous respections vos commandements ?

« Aimez vous les uns et les autres » Demandez vous.

Alors, les derniers mots de ma prière seront pour notre unité scoute ;

Apprenez nous le respect de l’autre, avec ses habitudes et ses mœurs différents,

Apprenez nous à comprendre l’incroyable chance de la diversité des mouvements scouts,

Apprenez moi à vivre ces valeurs si chères à mon cœur.

Apprenez moi, Seigneur, j’ai tant besoin de vous !

 

FX Arnoux

Mon rêve… c’est que les différents mouvements scouts français puissent se respecter et s’accepter… et je ferai tout pour vivre ce rêve et oeuvrer pour cette unité

0 commentaire

Les commentaires sont clos.